Comme chez nous

Comme Chez Nous (CCN) est une association qui met en place un accueil de jour en urgence et un accompagnement social vers les réinsertions multiples, à destination des personnes sans-abri ou issues de la rue à Charleroi. Notre action se situe à la croisée des chemins, de l’action sociale au logement en passant par la (promotion de la) santé.

  1. Notre modèle, nos méthodes
  2. Mission, vision, valeurs
  3. Nos différents services
  4. CCN en période de Covid-19

Notre histoire

CCN a été fondée en 1995, par et pour les personnes démunies. Depuis l’abrogation de la loi sur le vagabondage (1993), des sans-abri autrefois incarcérés se retrouvent à la rue. Tout un mouvement se constitue, grâce à des citoyens et acteurs associatifs engagés, dans le contexte notamment de l’occupation du château de la solitude à Bruxelles. Des abris de nuit sont créés. Néanmoins, les personnes concernées se trouvent toujours à la rue durant la journée. Pour faire face à ce besoin, un centre d’accueil en journée est créé : Comme Chez Nous. Les volontaires sont indissociables de notre histoire : au début nous n’avions pas de travailleurs salariés. Néanmoins, rapidement, les limites de la simple « mise à l’abri » et de l’aide d’urgence se font ressentir.

En 2000, CCN est membre fondateur du Relais Social de Charleroi. Nous recevons nos premières subventions, nous permettant d’engager des travailleurs sociaux salariés et de viser, pour nos accueillis, l’insertion sociale. Nous développons une approche beaucoup plus professionnelle.

En 2002 a lieu notre recentrage. A l’époque, notre porte est grande ouverte à qui veut fréquenter nos locaux en journée, sans distinction (démunis ayant un logement, sans-abri, etc). La situation devient ingérable pour notre équipe, encore restreinte. La grande diversité des profils entraîne des frictions entre accueillis ainsi qu’avec les travailleurs et bénévoles. De nombreux débordements ont lieu. Nous fermons donc nos services pendant plusieurs mois, pour réfléchir à une nouvelle approche. Nous nous recentrons sur les personnes sans-logement lors de leur arrivée dans nos services, avec la possibilité pour les personnes trouvant un logement de continuer à fréquenter notre Service d’Insertion Sociale (SIS) : Toudi Boudji (TBJ), mais plus notre centre d’accueil (le Rebond). Nous maintenons notre volontarisme concernant la collaboration et le travail en réseau, en vue de trouver des solutions aux personnes n’ayant plus leur place au Rebond. Nous délimitons par ailleurs plus précisément la sphère d’activité des travailleurs et des bénévoles. Enfin, nous consacrons un principe déjà ancré historiquement dans notre association : celui de la recherche-action. Partir d’une analyse objective des besoins, à partir du travail de terrain, pour adapter continuellement notre pratique et avoir un impact réel sur la précarité sociale aiguë.

En 2009, le projet « les Fleurs du Bien » est créé. Il s’agit de notre première initiative axée sur le genre. Grâce à l’implication de CCN et de son centre de Recherche Action en Promotion de la Santé (RAPS) dans un groupe de recherche sur les femmes en errance, nous avons contribué à établir les problématiques spécifiques liées aux femmes en errance ou en grande précarité ainsi que la nécessité de mettre en place un axe de travail destiné exclusivement à ce public, prenant ici la forme d’ateliers collectifs destinés aux femmes. Ce projet a été complété par l’Espace-Temps en 2015, assurant un suivi individualisé aux familles (hommes, femmes, enfants) autour de la parentalité ainsi que de la vie affective et sexuelle. En effet, si la majorité des femmes en rue ont enfanté, leurs enfants sont la plupart du temps placés. De plus, les personnes habitant la rue ont une vie affective et sexuelle. Plutôt que de nier cet état de fait, nous préférons y accorder une réelle attention et prodiguer un accompagnement multidisciplinaire afin de donner aux personnes la possibilité de vivre cet aspect dans les meilleures conditions. Ces deux projets, les Fleurs du Bien et Espace-Temps, sont à la source de la création de Parent’elle en novembre 2019.

Depuis la crise financière, la précarité augmente. Nous devons donc effectuer un changement d’échelle  : innover pour maximiser notre production d’impact social, tout en nous assurant une stabilité économique et organisationnelle. Ayant atteint un plafond en terme de lignes de subsides (du niveau communal à l’Union Européenne), nous avons décidé de nous tourner vers le privé pour soutenir cette démarche. L’obtention d’un financement structurel du Fonds Venture Philantropy (FVP) en 2014 nous a permis de nous lancer. Nous pouvons également compter sur le soutien d’autres fondations, comme la 4WINGS foundation, pour soutenir la mise en marche de nos initiatives innovantes.

Depuis, le changement est constant. En 2015, en marge de nos 20 ans, nous avons constitué une nouvelle équipe de gestion composée de la coordinatrice générale ainsi que de nos différents chefs de services, pour garantir notre bon développement. Nous avons ensuite passé les dernières années à jeter les bases pour les temps à venir : recrutement d’un chargé de projet « changement d’échelle » et d’une chercheure en résidence pour lancer notre département de recherche-action, accompagnement par un consultant externe afin d’établir notre plan stratégique, définition d’une stratégie immobilière pour accueillir nos activités et renforcer notre pôle « création de logements », amorçage d’un projet d’entreprenariat social afin de générer des fonds propres à long terme, élaboration d’un plan de labélisation et de dissémination de nos expertises, élargissement de l’écosystème autour de CCN afin d’y inclure des volontaires-experts ainsi que des consultants issus des milieux immobilier, financier, du management, entrepreneurial, etc.